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Ce qui retient mon attention dans un monde en accccccélération permanente.
Le dernier Technikart décrypte comme toujours avec acuité, les signaux faibles de notre société. Un d'entre eux m'a plus particulièrement marqué : une nouvelle génération de clubbers qui fait partie du mouvement Tecktonik.
Leur rassemblement est basé sur la musique electronique. Celle-ci n'a pas pourtant pas beaucoup évolué depuis 20 ans: allers et retours entre cold wave, house, acid, techno etc... L'electro est devenue banale. En revanche, cette nouvelle génération l'extremise et lui rend sa particularité des débuts: l'electro n'est faite que pour les boîtes et pour danser. Elle n'a pas vocation à s'écouter chez soi, à la radio ou autre.
Les Tecktoniks sont très jeunes, viennent de la banlieue, utilisent l'electro comme un moyen d'expression de leur singularité : Crête sur le crane sans être punks, maquillage, fringues dédiées, perfectionnisme de leur danse. Ils ne se droguent pas, sont héteros avec des codes de conduite plutôt marqués gays, ont des pseudos très star trek (Miktazz, Treaxy) etc.. Très étrange. Depuis, j'en ai remarqué quelques uns dans les rues. Heureusement que je ne sors plus au Red Light car j'y serai maintenant complètement perdu au milieu de ces nouveaux humanoids.
Quand on parle de changement et d'accélération exponentielle....
Voici une présentation intéressante accumulant quelques faits, projections et chiffres qui, mis bout à bout, donnent le vertige. Pas de quoi avoir peur cependant. Il suffit juste de lacher prise, de prendre un peu de recul et de surfer sur le cyclone...
La France est un des pays européen à la natalité la plus vigoureuse. Ce n'est bien évidemment pas corrélé à notre vigueur économique. C'est même inversement propotionnel. Un article amusant d'un Technikart récent laissait entendre que l'attitude nataliste typiquement française était liée à une sorte d'ennui ambiant et de désillusion par rapport au monde de l'entreprise. La nature ayant horreur du vide, l'energie populaire se reporte vers le développement d'un clan familial resseré en faisant corps contre l'agression de l'environnement.
Ce week-end encore, la fête des 40 ans d'un ami m'a projeté sans retour dans le monde de la famille: Une quarantaine d'adultes d'environ 35 ans en moyenne, une quinzaine d'enfants de quelques mois à 6-7ans + 4 en cours de fabrication. Il n'y a pas si longtemps, ce genre de fêtes aurait été impensable. Tous sans exception, étaient d'ailleurs sidérés par toute cette progéniture. C'est un changement à peu près aussi brutal et rapide que l'adolescence....
Je m'intéresse d'assez près à l'industrie du Livre ces derniers temps et suis passé au Salon de Paris ce week-end pour y glaner quelques renseignements.
Premier constat : Ce salon est avant tout une vaste librairie avant d'être un salon. Bouquins en étalage, caisses enregistreuses et libraires prêts à mettre vos achats dans le sac. En prime : Les auteurs installés en batterie comme des poules, prêts à dédicacer leurs oeuvres. De responsables des maisons d'edition, aucun, sauf chez les minuscules indépendants.
Les indépendants justement. Parlons en puisqu'ils sont mis à l'honneur de ce salon 2007. Quelques chiffres du marché parlent d'eux même : Hachette, Editis (Wendel) Flammarion, La Martinière et Gallimard représentent plus de 80% du CA du secteur. Le secteur compte par ailleurs 3000 maisons d'éditions microscopiques pour le plupart. Enfin, les nouvelles productions sont composées à 80% de commandes auprès d'auteurs maison ou déjà référencés sur des sujets décidés à l'avance par les editeurs.
En un mot, au delà des discours sur la d
iversité, les jeunes auteurs et autres lieux communs, se trouve une industrie très concentrée qui vit sur des produits pré-formatés par le marketing et ne laisse que peut de place à la réelle nouveauté. Rien de bien neuf me dira-t-on. C'est vrai sauf je faisais encore partie des naifs, abusés par la communication ambiante, qui pensaient que la littérature était un cas particulier dont la gestion faisait encore la part belle à la qualité de la création.
Non pas que j'accorde encore beaucoup de crédit à l'indépendance de la presse mais quand même : Je n'imaginais pas que les cahiers spéciaux de vénérables quotidiens comme Le Monde, censés être constitués d'articles de fonds sur un sujet donné, faisaient l'objet de pratiques qui n'ont rien à voir avec la profession de journaliste.
A l'occasion de la parution d'un prochain cahier spécial sur un sujet vertical dont ma société est un des acteurs majeur, Le monde nous contacte et nous propose une interview. Super! Sauf
que notre interlocuteur nous précise juste que l'interview est payante et que notre position dans le dossier sera fonction du montant payé!!!
Je n'ai pas de soucis avec ce genre de pratique quand il s'agit de publireportage. Dans ce cas, c'est vraiment limite car cela veut dire que ces soi-disant dossiers ne sont pas constitués à partir d'une investigation journalistique comme on serait en droit de s'y attendre du Monde mais d'une vulgaire opération publicitaire masquée derrière la réputation du journal.
D'ici à ce qu'on arrive à un ranking de l'information générale en fonction de ce que les principaux intéressés payent, il n'y a pas loin.


