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Ce qui retient mon attention dans un monde en accccccélération permanente.
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J'avais besoin de clopes à 2h heures du mat' et dans une ville musée asphyxiée par sa lente décadence peureuse, où l'hypersécurité et les lois sont au moins aussi efficaces que les couvre feux des dictatures, peu de chances d'en trouver. Sauf dans le foyer africain dont j'ignorais l'existance et qui ne se trouve qu'à 50 metres de chez moi. Toujours ouvert quelle que soit l'heure de la nuit. Vente à la cigarette comme là-bas ou au paquet, d'ailleurs bien moins cher que dans les rares bars à en proposer encore. Petite guérite où deux gars jouent aux cartes et assurent le service. En fait, je l'avais vu sans le voir car il s'y passe régulièrement des mariages, aussi joyeux que modestes.
Comme tout abruti relativement nanti que je suis, je n'y avais pas vraiment fait attention. Je comprends mieux pourquoi le business center du coin où je vais parfois envoyer un fax ou faire une copie, ne désemplit pas. Juste aveugle et j'aurais pu le rester si je n'avais pas besoin de clopes tardivement. Moi qui suis plutôt reac mais qui désespère paradoxalement de cette société française aussi triste et repliée sur elle même, je n'avais pas vu qu'un ilôt de fun existe juste à côté. Il y a à toutes heures du jour ou de la nuit une vie qui contraste incroyablement avec la paranoïa craintive du sale citadin parisien, qu'il soit plutôt reac comme moi ou encore bien pire, bobo qui vote Ségo.
J'ai discuté un peu avec eux pour en savoir plus. Ils sont une cinquantaine en permanence et pas une seule place de plus pour les nouveaux candidats. pas d'autre choix vu le prix de la vie. Jusque là rien de nouveau vu que c'est la misère à tous les niveaux de la société, sauf à émarger à 500 K€++ par an. En revanche, quand ils m'ont dit que le foyer était sous le coup d'une explusion de masse pour être détruit, ça m'a profondément déprimé. Pas rentable probablement, ça fait tâche.
Paris est véritablement une ville qui tend vers la mort et qui ne tolère plus ses exceptions même dans un arrondissement encore relativment bon marché, proche du periph avec un maire gaucho.
Quand je pense que l'essentiel de mes amis, gauche caviar, me vomit dessus pour avoir pris ma carte d'électeur, afin de voter contre Delanoöe, alors que j'ai oublié de voter contre lui et parce que j'ai failli (j'ai oublié aussi) voter Sarko au 2eme tour, ça me laisse rêveur....
Je crois que le meilleur usage de ma carte d'électeur est encore de me torcher le cul avec... Quand on vit dans l'argentine d'euope, qui oscille entre dicatature et faillite, mieux vaut oublier de voter, pomper le système là où il est encore poreux et se casser vite fait. J'aurais toujours grand plaisir à revenir en France mais en tant que touriste.
Retour aux fondamentaux: Le luxe suppose donc une certaine qualité de la prestation visant à satisfaire voire à aller au devant des besoins du client. Le vrai luxe
se trouve souvent ailleurs que là où les gogos urbains stressés et speedés en quête de reconnaissance sociale le consomment habituellement. Un bon nettoyage des abus de paillettes dont
nous abreuvent les magazines, un peu de temps et de curiosité et vous le trouverez là-bas
1/ Chez un petit babier en Turquie
- Coupe nickel aux ciseaux + barbe + massage pour 3 €
- Le plus que vous ne trouverez jamais chez Toni & Guy : Le shampoing après la coupe afin d'éviter les petits cheveux que l'on retouve sur les épaules en sortant de chez le coiffeur
2/ Dans n'importe quel petit hôtel du Vietnam
- La brosse à dent jetable avec dosette de dentifrice que je n'ai jamais trouvée dans les étoilés européens
3/ Service toujours
- Les hôtelliers Panaméens passeront systématiquement dans votre chambre pour vous livrer à la vitesse de l'éclair et pour quelques dollars, un kit de survie complet comprenant dîner,
Cuba Libre avec bac de glace et dope de première classe telle que vous ne la toucherez jamais en Europe même dans les soirées jet-set les plus selects
4/ Et bien sûr
Quoi de plus luxueux que de se déplacer en ville simplement et pour pas cher en taxi. Mais ça, c'est vrai à peu près partout sauf bien entendu à Paris
Le luxe connait depuis quelques dizaines d'années une santé aussi insolente qu'inexplicable. En fait si car elle s'alimente d'un savant marketing qui
exploite habilement une moyenne bourgeoisie laborieuse prête à claquer plusieurs mois ou années de salaire pour s'identifier à la poignée de "richs and famous" qu'elle ne sera
jamais. Les sacrifices consentis par les victimes consentantes sont souvent disproportionnés par rapport aux vertus réelles de l'objet du désir mais la vacuité de l'existence
moderne a besoin d'être comblée par des drogues diverses dont le luxe est une des plus pernicieuse car elle touche à l'identité rêvée, au marqueur social.
Après tout, pourquoi pas si les produits et prestations luxueuses proposées répondent vraiment à des critères de qualité et d'exception. Qu'en est-il vraiment? A défaut de généralités,
quelques cas réels m'ont définitivement dégouté de ce qui me paraissait déjà être une vaste arnaque organisée. Désolé pour les mentions prix à la Sarkozy des guignols mais pour ce
sujet, c'est nécessaire.
1/ Montre Bell & Ross Geneva à 3 500 €
- Le mouvement automatique est dans le bas de la gamme avec une réserve de marche de moins de 24h
- Le bracelet en croco est à remplacer après moins d'un an en utilisation "normale"
- La montre tombe en rade après 9 mois.... heureusement d'ailleurs car Bell & Ross ne propose qu'une garantie de.... un an
- La réparation de la montre prend..... 3 mois
Conclusion: Elle est vraiment belle la tocante mais ça n'en reste pas de la camelote améliorée très bien packagée par des as du marketing.
2/ Pompes Vuitton à plus de 2 000 € en magasin
- Elles sont sans lacets. L'élastique qui tient le pied (genre boots) est déchiré après moins de deux ans d'utilisation très épisodique.
Conclusion : De la daube bien moins solide que des increvables Doc Martens dont les elastiques tiennent toujours après 10 ans de bons et loyaux services. En plus, je les ai toujours trouvées assez moches mais comme Vuitton ne fait jamais de soldes, il parait qu'il ne fallait absolument pas laisser passer "les affaires" que l'on peut avoir le privilège de faire lors de la vente au personnel dans laquelle je m'étais fait pieger...
3/ Bague Diamant Chanel de type Camelia à plus de 7000 €
- A ce prix là, il faut quand même essayer de négocier même si ça fait cheap mais "on ne négocie pas dans notre maison, monsieur. D'autres peuvent le faire mais pas chez nous....". Bon, bon,
Ok... Je m'en tire quand même avec un parfum cadeau que je n'aime pas
- Après moins d'un an d'utilisation on ne peut plus soigneuse, les cailloux commencent à se désolidariser de la bagouse. Oh, oh!! On va retourner à la boutique magasin et ils vont
réparer vite fait en s'excusant. En fait, ladite réparation est facturée 300 sacs, prend 3 mois et sans excuse en prime...
Conclusion: Très belle la bagouse, certes. Mais question fiablité de la réalisation et qualité du SAV c'est moins que zéro.
4/ Une petite dernière ? Le Sofitel de Hanoi, ancien hôtel colonial à 500$ la nuit
- Au Vietnam, difficile de trouver des hotels à plus de 50-80 $ la nuit qui comprennent bien sûr petit-déjeuner, accès intenet etc....
- L'hôtel racheté et rénové par Accor il y a quelques années a plus que doublé ses prix dans les 5 dernières années
- La chambre proposée dans la partie ancienne et romantique est plutôt exigüe et tellement "sofitellisée" qu'elle en perd tout son charme
- L'hôtesse nous répète trois fois pour être sûr que nous avons bien compris que le "breakfast is not included" ni internet d'ailleurs quand ils le sont dans n'importe quel autre endroit
Conclusion : Cette fois-ci, ça suffit l'arnaque. Réservation annulée l'hôtel, central, spacieux avec vue, breakfast et internet pour 50$ que nous choisissons finalement fera
bien mieux l'affaire.
La nouvelle expression incroyable dont nous assomme notre ministre de la santé à l'occasion de la mise en application de la loi anti-tabac est "lieu de convivialité". Elle le répète autant que faire se peut, si possible, dans chacune de ses phrases.
Georges Orwell l'avait bien compris dans 1984 : Chaque entorse à la liberté doit s'accompagner d'une communication adéquate qui permet à la population de bien digérer toute nouvelle limitation de son espace vital. Quoi de plus sympathique qu'un "big brother" qui veille sur nous?
Et demain quoi? Interdication de servir des boissons alcoolisées dans les bars après 21h, afin de lutter contre l'alcoolisme? Fermeture obligatoire des "lieux de convivialité" après 22h dans le cadre de la lutte anti-bruit? Couvre feu après 23h, afin de pouvoir se lever mieux pour travailler ou consommer plus? Triplement des caméras de surveillance dans les rues comme au Royaume-Uni, afin de lutter contre la délinquance? incitation à la "délation civique" comme chez les Suisses?
1984, c'est maintenant. Nos enfants le considéreront probablement comme un roman social à la Zola, plutôt que comme de la science fiction. Nous atteindrons bientôt le niveau des iraniens qui ne peuvent se retrouver et festoyer que dans le cadre de soirées clandestines. En Sarkoland aussi et dans le Paris que Delanoé est parvenu à transformer en ville musée, il n'est plus question de faire la moindre soirée même calme, sans voir rapidement débarquer une horde de flics zélés et aggressifs dès que le niveau sonore dépasse celui de la propagande diffusée à la TV.
Grâce au progrès de notre société, nous pouvons être désomais tout à fait rassurés: nous mourrons tous en parfaite sécurité et en excellente santé.
Noel est devenue une fête tellement commerciale qu'on ne s'est même plus aperçu que le père Noel a disparu. Avant, il était le clou de la soirée, arrivait de la cheminée avec quelques cadeaux raisonnables pour les enfants. Aujourd'hui, c'est terminé. Il a définitivement rendu l'âme devant l'augmentation de la charge, les gens pressés et surtout la place des marchands qui lui ont piqué ses prérogatives.
Au hangar le traineau, au rencard le père Noel. Les humains s'organisent désormais seuls pour organiser leur orgie d'alcool et de bouffe, enterrée sour une montagne de cadeaux qui font chier tout le monde, ceux qui doivent les faire, pas très inspirés; ceux qui les reçoivent avec un sourire crispé en se demandant si ils vont pouvoir fourguer leur merde sur ebay. On a beau se promettre un Noel sans une tonne de cadeaux, la pression est telle qu'au final, on s'affranchit du risque d'être le seul affreux à ne pas faire de cadeau et on finit par acheter n'importe quoi: Le dernier bouquin en tête de gondole que celui qui aime les livres recevra trois fois ou, en désespoir de cause - nouveau business qui fait un malheur et révèle bien le manque d'inspiration des gens - le chèque cadeau ou le coffret bien-être...
Une nouvelle fois, malgré la perspective agréable de retrouver mes proches, l'arrivée de Noel m'inspire une terreur sans borne et un écoeurement profond devant cette frénésie maladive.


